Textes d'ateliers

Ecrire année 1

Sa frêle silhouette apparut dans l'embrasure de la porte ouvrant sur la terrasse où était servi le petit déjeuner.
Elle était accompagnée d'un homme plus jeune qu'elle.
Elle s'assit à la première table disponible sans regarder autour d’elle. Elle se plaça bien en face de son compagnon.
Ses longs cheveux très blonds, savamment décoiffés noyaient un visage menu et pâle. Le visage toujours flou se dérobait.

Ecrire année 2 (mardi)

Au parc

Un cygne passait, le mouvement de ses palmes imprimait des ondes légères sur l'eau. Devant le lac, au milieu de la pelouse, Marie se reposait sur un banc. En regardant ce cygne, et la blancheur de ses plumes, elle revoyait les draps blancs de sa belle-fille impeccablement pliés dans son armoire. Oui, sa belle-fille, avec ses talents de ménagère, passait son temps à nettoyer, mettre en ordre. Le matin même, Marie lui avait rendu visite, et il avait fallu qu'elle range tous ses placards.

La première fois que son fils lui avait parlé de Blandine, elle avait trouvé du charme à ce prénom, et elle s'était dit une fraction de seconde qu'elle l'aimait déjà. Mais son nom de famille détonnait : Tarpin. Blandine Tarpin. Elle y avait pensé, comme à un petit nuage qui vient s'interposer entre le soleil et vous, un après-midi de début de printemps. Le nuage s'éloigne, le soleil revient avec sa douce chaleur, et l'on n'y pense plus. Avec Blandine, cela s'était passé ainsi, la première fois que son fils lui en avait parlé. Elle n'avait plus pensé au petit nuage. Et puis après tout, qu'aurait-elle pu faire, se dit-elle en regardant le cygne sortir de l'eau et marcher le long de la berge.

Ecrire année 2 (samedi)

LES MOTS ROUGES

Les mots rouges coulent le long des murs,

Une bruine éparse, silencieuse,

Une pluie de mots rouges sur les murs noirs,

Ecrire le souvenir

Gare de Chengdu


Le chauffeur s’arrête sur la grande place devant la gare et lui fait signe de descendre. Wangchuck empoigne son sac de toile, saute du plateau à l’arrière du camion. La foule, le klaxon des voitures, l’odeur des échappements le paralysent. Crissement de pneus. Une voiture s’immobilise derrière lui et l’oblige à se déplacer. Il secoue ses vêtements recouverts de poussière. Il est mal à l’aise dans ses nouveaux habits. Abandonner la robe beige, le chapeau de feutre, les bottes de cuir, couper ses cheveux… “Indispensable si tu veux trouver du travail”, avait préconisé Chengzu.

Fragments

Suzy trébuche.
Dans les hautes herbes une roue de meule étrangement abandonnée. Raccord brutal : Suzy pense roue.
Suzy perchée sur la roue de pierre scellée au muret devant la maison. Ses galoches taquoirs taquent : tac, tac, tac…
Accordées à son chant des langues clappent : clap, clap, clap…
Des mains battent : tap, tap, tap… « Si vas a la romeria morena mia de Santander… »