Rencontre du vendredi 25 janvier 2008, à la bibliothèque de Paragraphe.
Lambeaux de Charles Juliet, présenté par Janine Dexmier
Cette quête d’identité passe nécessairement par un retour aux origines, une interrogation sur l’héritage génétique, culturel. Il lui faut revenir à l’enfance et surtout se confronter à l’image de cette mère qui lui a donné la vie et dont il se sent coupable de la mort, mais aussi rendre hommage à celle qui l’a rendu à la vie, celle qui a accueilli ce bébé en état de choc, "fendu en deux", qui l’a choyé, accompagné, lui a donné l’essentiel, c’est-à-dire l’amour. Quand à l’Absente, tellement présente, il va la ressusciter. N’est-il pas devenu écrivain pour donner vie et voix à l’"esseulée", à l’"étouffée". Le talent de l’écrivain au service de la piété filiale va la faire réellement exister.
La force et la beauté de ce texte tiennent tout d’abord à la maîtrise d’une langue toujours tendue vers l’essentiel, à l’émotion constante qu’il véhicule mais aussi à sa dimension particulière : il permet de percevoir, à travers un cheminement personnel, les mécanismes de construction d’une identité. Pour Charles Juliet : "le rôle de l’écrivain est de prêter à autrui les mots dont il a besoin pour avoir accès à lui-même".