6 février 2010

Le déclenchement de l’écriture en atelier

Classé dans : Non classé, ateliers — Mots-clefs :, , — duvernois @ 9 h 58 min

La conférence de Florentine nous a fait réfléchir à notre expérience d’atelier. A notre niveau, nous retrouvons les cinq phases du déclenchement de l’écriture (hormis la phase de régression profonde…). La proposition de l’animateur sert de déclencheur, fait écho à la part d’inconnu que nous avons en nous. Cet inconnu que nous tentons de mettre en mots, il est retravaillé, amélioré, non seulement pour le sens, mais aussi pour le rythme et les sonorités.
Nous retrouvons intacts le doute, la honte, la crainte du jugement…
Lors de la rencontre avec Ahmed Kalouaz, nous avons eu un bel exemple de déclenchement de l’écriture. En route pour Lyon, alors qu’il n’avait pas le projet d’écrire sur son père, il s’est rappelé certaines dates : 1932 – 1942… Sa décision est instantanée : il va écrire sur père. Et dans son livre, il reprendra la construction de dix en ans en dix ans.
Qu’en pensez-vous ? Avez-vous eu les mêmes impressions en participant à un atelier d’écriture ?

Geneviève Metge et François Duvernois

1 février 2010

Lecture à haute voix

Classé dans : lecture, rencontres — Mots-clefs :, , — duvernois @ 19 h 40 min

Nous sommes un petit groupe de fidèles à nous réunir autour d’Anne-Marie Mathey qui nous initie à la lecture à haute voix.
- Travail sur la respiration
- Travail sur le rythme et les sons
- Lecture à haute voix d’un extrait choisi (interprétation des textes).
C’est un atelier très intéressant mais, pour l’instant, nous n’avons pas assez de distance pour évaluer son impact sur l’écriture.

On aimerait partager l’expérience et les impressions de tous ceux qui ont fait de la mise en voix avec Premier Acte ou ailleurs.

Geneviève Metge et François Duvernois

25 janvier 2010

“La mer” de Yoko Ogawa

Classé dans : lecture — Mots-clefs :, — duvernois @ 22 h 24 min

Rencontre littéraire du vendredi 11 décembre 2009 animée par Catherine Frémiot et Janine Dexmier

Yoko Ogawa est une des plus grandes auteures japonaises contemporaines (née en 1962), elle a obtenu le Prix Akutagawa, (équivalent du Prix Goncourt) pour « La Grossesse » en 1997. Huit romans et une cinquantaine de ses nouvelles sont traduits en français à ce jour, tous édités chez Actes Sud.
Dans la première nouvelle du recueil « La mer » paru en mai 2009, peu de péripéties, peu de personnages, un lieu unique, un temps restreint (une fin d’après-midi et le début d’une nuit) et la rencontre inattendue, improbable, entre deux des protagonistes de l’histoire, autour d’un objet insolite que l’un des deux a inventé.
Yoko Ogawa réduit l’action, le temps et le lieu de son récit pour mieux prêter attention aux infimes détails qui le composent et l’articulent.
Au début de la nouvelle, le narrateur, professeur de technique dans un collège, se rend pour la première fois dans la maison des parents de sa future femme Izumi pour la demander en mariage… Mais la maison est très éloignée, sa fiancée a eu le mal des transports, et, même si les futurs beaux-parents font assaut d’amabilité lors de leur arrivée tardive, la communication est plus que difficile à établir, d’autant plus que la grand-mère est à moitié sourde, que le frère de sa fiancée semble « demeuré » et que Izumi ne fait aucun effort pour favoriser le lien entre les personnages.
Ce tableau d’une famille traditionnelle japonaise est superbement brossé par Yoko Ogawa qui a l’art de choisir une multitude de petits détails pour créer l’atmosphère de la rencontre .
Mais le talent de l’écrivain ne s’arrête pas à la précision des détails, au choix des mots. Elle sait sans cesse nous surprendre en orientant le récit sur d’autres traces que celles d’abord engagées.
Après le dîner, tout le monde va se coucher et le narrateur/fiancé partage la chambre du frère d’Izumi, appelé par elle comme dans l’enfance le « petit cadet » alors qu’il a vingt-deux ans et qu’il dépasse le narrateur facilement d’une tête. On connaît l’exiguïté des locaux au Japon et ce n’est pas une mince affaire que de se retrouver en huis-clos dans une chambre, de surcroît totalement impersonnelle, avec ce jeune homme qui est resté muet comme une carpe toute la soirée, se contentant d’engloutir, comme la grand-mère, des quantités phénoménales de nourriture.
Mais là, étonnement! Le jeune homme, vêtu d’un pyjama imprimé de girafes, d’abord embarrassé, offre une boisson, puis demande de procéder, comme il le fait tous les soirs, au rituel de son coucher : regarder une cassette sur les animaux. Mais pas n’importe quelle cassette : la parodie de la mort des opossums d’Amérique ! Etrange certes ! Puis il s’allonge, éteint la lumière…
Alors, par le biais de l’obscurité et la proximité des futons, le dialogue s’instaure peu à peu entre les deux personnages, à propos de la passion du petit cadet pour la musique, celle qu’il joue au bord de l’eau, lorsque la brise de mer fait vibrer les cordes de l’instrument qu’il a inventé, le meirinkin : étrange instrument dont il est seul à jouer, composé d’une vessie natatoire de baleine à bosse, d’écailles et de cordes fixées à l’intérieur de la vessie, faites à partir d’ailerons de poissons volants ! Le jeune homme ne sort pas pour autant l’instrument de sa cachette, le tiroir du bureau, mais il accepte d’imiter le genre de son qu’il rend.
Et la magie opère, le lecteur bascule comme le narrateur vers un monde parallèle, poétique, un univers de sensations subtiles, centrées sur l’ouïe, la vue, le toucher, avec des correspondances très baudelairiennes.
La nouvelle s’achève sur l’image du narrateur qui une fois le petit cadet endormi et faisant attention de ne pas faire de bruit s’extrait de sa couette et ouvre le tiroir du bureau.
« J’ai tendu la main vers la boîte, je l’ai serrée contre mon cœur, et je suis resté un instant ainsi. Les ultimes résonances du meirinkin imprégnaient mes tympans.
Sans toucher au fermoir de la boîte, je l’ai remise en place. La seule chose que je pouvais sentir entre mes mains, c’était le poids de la brise de mer. »
Ainsi Yoko Ogawa nous emmène-t-elle là où on ne l’attend pas, sans que nous sachions exactement si nous avons quitté le réel ou si cette poésie fait partie du réel… Peut-être est-ce là ce qui nous séduit chez elle, cette faculté de nous réconcilier avec le monde, ou nous montrer le chemin pour y accéder. A condition de bien savoir regarder, écouter…et nous taire, de savoir aussi percevoir les non-dits, apprécier la précision des détails autant que l’économie de moyens : peu d’adjectifs, peu d’images mais fortes. Un travail d’écriture très exigeant donc:
« Pour écrire il me faut un temps incroyable. Je passe mon temps à écrire un caractère après l’autre, à les effacer, à les réécrire sans arrêt. Pour le roman, le plus important est le style. Plutôt que se demander quoi écrire, c’est comment l’écrire qui est important. »

Avez-vous assisté à cette rencontre ? Avez-vous lu cette nouvelle, d’autres nouvelles, des romans de Yoko Ogawa ? Alors, faites nous part de vos impressions.

Projeter de la parole

Classé dans : Fragments — Mots-clefs :, , — Aline @ 22 h 15 min

Atelier animé par Florentine Rey

Ecrire en résonance, autour d’un texte de l’artiste contemporain Vito Acconci.
Un dispositif qui permet de « projeter » de la parole, d’écrire dans une énergie physique et d’avoir confiance dans la forme…

“Je bouge à une vitesse normale. JE ME TOURNE POUR VOUS REGARDER EN FACE. Je dis, JE ME TOURNE POUR VOUS REGARDER EN FACE. JE ME TOURNE POUR VOUS PARLER EN FACE.
Maintenant je bouge à nouveau (je bougeais toujours quand je me suis tourné pour vous regarder, mais je n’ai pas eu le temps de dire que le faisais), cette fois je bouge plus lentement. JE TOURNE MA TÊTE RAPIDEMENT, ET VOUS REGARDE FRANCHEMENT. Je dis, JE TOURNE MA TÊTE RAPIDEMENT, ET VOUS PARLE FRANCHEMENT.” Vito Acconci

Texte de Véronique Pomiès
Je bouge à une vitesse normale. Je me tourne pour vous regarder en face. Je suis mal à l’aise depuis que j’ai remarqué votre regard insistant qui m’observe. Je n’arrive pas à le décrypter. Vous ne m’avez pas quitté des yeux pendant tout ce temps. Maintenant je bouge à nouveau, décidée à poursuivre mon chemin et oublier votre présence. Mon attitude vous aura dissuadé d’insister. Je veux m’en assurer. Je tourne la tête rapidement et vous regarde franchement. Je tourne ma tête rapidement et vous parle franchement. Je suis irritée, les traits de mon visage sont contractés, ma voix trop forte. Je crie « j’en ai assez ». Mes mains tremblent et mon cœur bat trop fort. Tout mon corps s’étonne de cette soudaine violence. Je répète « j’en ai assez », la voix un peu calmée, le regard fuyant. Mon corps se relâche, comme épuisé par cette tension déployée pour vous faire face. Je tourne la tête lentement, le regard à terre, vaincue, et lâche dans un souffle « laissez-moi, je suis fatiguée ».

19 janvier 2010

La Couleur de l’Aube – Yanick Lahens

Classé dans : lecture, notes de lecture — Mots-clefs : — Marie @ 22 h 24 min

En hommage à Haïti, nous vous proposons comme sujet de notre première note de lecture “La Couleur de l’Aube” de Yanick Lahens (Ed. Sabine Wespieser2008). L’auteur, Haïtienne très engagée dans la vie culturelle  et citoyenne de son pays, a obtenu pour ce livre le prix Millepages 2008 et RFO 2009. Elle vit (encore espérons-le) à Port-au-Prince.

Une mère et ses deux filles, leur frère Fignolé n’est pas rentré de la nuit.
Journée d’angoisse pour les deux sœurs, poursuivies par la malédiction d’être nées du côté des pauvres, des perdants, dans une ville où c’est encore pire qu’ailleurs, Port-au-Prince. Le roman est construit sur l’alternance de leurs monologues intérieurs. Progressivement se dessinent leurs portraits contrastés, en même temps que se révèle celui de la mère, ainsi que l’histoire du frère, fil conducteur du récit.
Ce sont des femmes fortes qui apparaissent, des sensuelles au cœur immense mais bridé, car elles sont toujours sur leur garde et ne cèdent qu’en apparence, aux hommes et au destin. Angélique, dont le fils « Gabriel est né d’une traîtrise, d’un de ces hommes nombreux, au plaisir sans délais et sans lendemain. » s’abîme dans le travail et une piété remplie de fausse résignation. Fière et volontaire, Joyeuse s’affirme par la séduction mais refuse de s’abandonner par crainte de se faire piéger. La mère, figure tutélaire, ne plie jamais, mais sa volonté farouche et le recours aux esprits vaudou, ne suffiront pas à protéger le frère. Doué pour le chant, engagé dans la lutte militante, Fignolé sera rattrapé par le désespoir, le chaos, la violence.
Des hommes on saura peu de choses. Absents, fuyants, engagés dans des luttes sans espoir, ils capitulent et disparaissent dans l’univers de terreur et de corruption qu’est devenu le pays.

Ecriture dense (émaillée de vocabulaire Haïtien) dont les mots pèsent sur le lecteur, comme la chape de désespoir tragique pèse sur les personnages. Mais en même temps, se dit une énorme volonté de résistance, qui s’exprime à travers l’apparente servilité, la duplicité, la fourberie nécessaires à la survie, mais aussi à travers la violence faite à soi-même, pour tenir debout coûte que coûte, échapper au destin et garder la tête haute.

Marie Beneyton

18 janvier 2010

Un rêve

Classé dans : écrire le souvenir — Mots-clefs :, , — duvernois @ 20 h 15 min

Atelier animé par Florentine Rey

Donner de l’ampleur, enrichir un texte autobiographique ou un récit de voyage en insistant sur un élément qui va faire basculer la réalité… Ce travail s’appuie sur un extrait de “La force des choses” de Simone de Beauvoir.

“Cette nuit, un rêve d’une extrême violence. Je suis avec Sartre dans ce studio, le phono repose sous son voile. Soudain, musique, sans que j’aie bougé. Il y a un disque sur le plateau, il tourne. Je manœuvre le bouton d’arrêt : impossible de l’arrêter, il tourne de plus en plus vite, l’aiguille ne peut pas suivre, le bras prend d’extraordinaires positions, l’intérieur du phono ronfle comme une chaudière, on voit des espèces de flammes, et le luisant du disque noir, affolé… TOUT va exploser ; une rébellion magique, incompréhensible, c’est un dérèglement de tout. J’ai peur, je suis aux abois… c’est moi qui finalement ai pensé à déconnecter le phono et j’avais peur en touchant la prise ; il s’est arrêté. Quel ravage ! Le bras réduit à une espèce de brindille tordue, l’aiguille pulvérisée, le disque pulvérisé, le plateau déjà attaqué, les accessoires anéantis, et la maladie continuant à couver à l’intérieur de la machine”.     Simone de Beauvoir, La force des choses, 1963

Noélie – C’est quoi être amoureuse ?
Je suis dans mon lit, ça fait longtemps, il est tard et je ne dors toujours pas. Je fixe mes étoiles phosphorescentes au plafond. Je me demande ce que ça fait d’être amoureuse. Je m’imagine. Je suis gaie, légère, j’ai le sourire aux lèvres. Ca me fait un truc dans le ventre, ça pique, ça pétille, ça explose. Mon ventre se transforme et devient transparent. J’aperçois une bouteille que l’on débouche. Champagne ! C’est beau l’amour, ça s’arrose !
D’un coup, ma chambre s’assombrit. J’ai peur. Je scrute l’obscurité en tendant l’oreille. Ma mâchoire se ferme brutalement, provoquant un bruit sec. Mon ventre se déforme et retrouve sa transparence. J’y vois de gros élastiques plats qui se tendent, s’entremêlent, se resserrent, nœuds d’angoisse. Ça claque l’amour, ça fait mal !
Ma mère pousse la porte de ma chambre : “Tu as mal quelque part ma chérie ?”. J’ai dû crier.

François – La gare de Kangding
Un grognement… Muriel vient de nous traduire les mots de la guichetière revêche : “A l’extérieur !”. Tout est sombre, sale et poussiéreux. Une lumière blafarde éclaire l’uniforme impeccable, le képi à large visière, les traits grossiers, le regard dur. D’épais barreaux nous séparent de l’employée. Après un hochement de tête péremptoire vers la sortie, elle empoigne une panière vide, la pose sur la tablette du guichet. Elle nous demande de déposer nos pochettes, ceintures, lacets de chaussures, montres. D’une voix hésitante, je demande des explications. Une ceinture à la main, elle se lève, contourne la grille qui nous sépare, fonce sur moi. Terrorisé, je tente de m’enfuir. Mon pantalon glisse le long de mes jambes, tombe sur mes chaussures. Je trébuche et m’affale sur un sol gluant. Collé à la dalle froide, je ne parviens pas à me relever. Vrombissement d’une nuée de guêpes. La guichetière fait tournoyer la ceinture au-dessus de ma tête, me zèbre le dos, me piétine, me traîne vers une énorme porte en métal avec un œilleton.
Je vois un rectangle de lumière. “Alors, qu’est-ce que tu fiches ?”. Muriel pose la main sur mon épaule. Nous nous dirigeons vers la sortie.

L’écriture de ces rêves peut être améliorée. Bienvenue aux nouvelles propositions.

17 décembre 2009

La phrase, une expérience

Classé dans : écrire le souvenir — Mots-clefs :, , — duvernois @ 11 h 36 min

Atelier animé par Florentine Rey

Voici un exemple de la façon dont nous retravaillons la langue et plongeons dans le texte… Les phrases suivantes sont extraites de textes de participants à l’atelier.  Le travail de cette séance s’appuie sur un fragment du livre “Chercher une phrase” de Pierre Alféri.

La phrase d’origine de Noélie Plasse :
Ça me fait parfois du bien au ventre et ça me détend, ça me fait aussi de la peine, alors je trouve ça moche et j’en oublie ce que je veux faire quand je serai vraiment grande.
Les orientations de réécriture :
Retravailler le rythme, le tourbillon de l’amour et insister sur la dimension physique. Donner de l’épaisseur à la phrase, faire ressortir l’idée de quelque chose qui s’accroche… et ne pas perdre de vue l’amourette…
La phrase réécrite :
Ça me fait du bien au ventre, ça me détend, mais aussi ça me pique, ça me fait de la peine, je trouve ça moche, au point de ne plus savoir qui je suis, où je vais, qui je serai.

La phrase d’origine d’Elisabeth Lafont :
Frêle et fragile, elle est assise dans son fauteuil devant sa fenêtre près de sa table à écrire. Derrière elle, son secrétaire où elle m’a dit que se trouvait son testament. Elle m’a montré le tiroir d’ailleurs…
Les orientations de réécriture :
Essayer d’utiliser des verbes plus précis, supprimer certains des possessifs (son, sa…) et ne garder le “son” que pour le testament. Monter en puissance vers le testament.
La phrase réécrite :
Frêle et fragile, devant la fenêtre, près de la table à écrire, elle est blottie dans son fauteuil. Derrière elle, son secrétaire. Je sais dans quel tiroir elle range son testament…

La phrase d’origine de François Duvernois :
Nous sortons de la gare, en faisons le tour, constatons qu’il n’y a pas de guichet à l’extérieur de la gare, revenons au point de départ pour nous renseigner à nouveau.
Les orientations de réécriture :
Dynamiser la phrase, travailler les verbes faibles (avoir, faire), soigner les sonorités et renforcer l’idée de mouvement.
La phrase réécrite :
Nous sortons de la gare, regard à gauche, regard à droite, nous choisissons de longer les entrepôts, nous marchons, cherchons, pas de guichet, nous revenons sur nos pas, prêts à affronter la guichetière.

Les phrases peuvent encore être retravaillées. Bienvenue aux nouvelles propositions.

Les cinq phases du travail créateur

Classé dans : rencontres — Mots-clefs :, , — Marie @ 0 h 31 min

Florentine Rey a présenté sa recherche sur le “Déclenchement de l’Ecriture” sous l’éclairage analytique. Elle a structuré sa conférence autour des “cinq phases du travail créateur” distinguées par Didier Anzieu. Des phases non pas étanches mais poreuses, qu’elle a enrichies et illustrées par des citations et des témoignages audio et vidéo d’auteurs contemporains,  Roussillon, Charles Juliet, Emmanuel Carrère, Marie N’Diaye, Chistophe Tarkos, Céline, Françoise Sagan, Quignard, Marguerite Duras…

- Eprouver un “état de saisissement” A l’occasion d’une crise intérieure, dans un état de régression profonde, un état presque hallucinatoire, laisser surgir quelque chose de soi. C’est comme une nécessité, une urgence à faire émerger ce qui était déjà là, mais qu’on ne connaissait pas, “un point d’énigme interne”, qu’on va transposer dans l’écriture : ”l’incréé”.

- Prendre conscience, reconnaitre ce qui a surgi de “ce lointain intérieur”. Sorte de mise au monde de l’autre qu’on est déjà.

- Donner corps, donner forme (écriture, peinture, sculpture…), mettre de l’ordre dans le chaos de ce qui a surgi. “Fixer le délire” comme disait Rimbaud.

- Composer l’œuvre dans le détail. Ecrire et réécrire, soumettre à la vigilance du sur-moi, faire des compromis, retoucher, raturer, épurer. Aller jusqu’à “l’effacement de la source première” pour certains.

- Laisser s’évaporer tout le conceptuel, écrire avec des sons, des images, des sensations “mettre sa peau sur la table” comme disait Céline.

- Publier l’œuvre pour qu’elle s’achève. Dépasser le doute, la honte, la culpabilité, la crainte du jugement pour livrer l’œuvre au public. Une fois publié, le livre comporte toujours une part d’inachevé. Le lecteur est dépositaire de cette part de l’incréé. C’est l’effet que va produire sur lui le livre qui en constitue l’achèvement car, écrire c’est toucher quelque chose de commun à tous, c’est rentrer dans l’écriture de chacun. On peut dire avec Marguerite Duras que “le véritable sujet du livre c’est l’écriture”.

Marie Beneyton

24 novembre 2009

Le déclenchement de l’écriture

Classé dans : rencontres — Mots-clefs :, — admin @ 23 h 45 min

Déclenchement de l'écriture
Belle soirée vendredi 20 novembre 2009, dans le cadre chaleureux et habité de la librairie Coquillettes.

Florentine Rey s’est adressée aussi bien à notre intelligence qu’à nos émotions pour rendre accessible et vivante une recherche approfondie sur “le déclenchement de l’écriture”.

Elle a abordé sa conférence sous l’angle analytique, la structurant autour du “saisissement créateur” et des “cinq phases du travail créateur” distinguées par Didier Anzieu. Etapes qui ont pris sens à la lumière de citations et  témoignages. Paroles pertinentes, bouleversantes d’auteurs judicieusement choisis et s’exprimant à propos de leur propre expérience de l’écriture.

“J’entrevis le monde que je devais créer pour pouvoir respirer.” Samuel BECKETT
“J’écris pour connaitre la suite.” Françoise SAGAN.
“Mettre sa peau sur la table.” Louis-Ferdinand CELINE.
“Mon grand-père me jeta dans l’écriture par le soin qu’il prit à m’en détourner.” Jean-Paul SARTRE.
“C’est en parlant de ma mère que je suis au plus général de moi-même.” Marguerite DURAS.

25 septembre 2009

Millenium

Classé dans : lecture — admin @ 8 h 02 min

La trilogie “Millenium” (Stieg LARSSON)… à lire ou à jeter?

Circé 4

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